Césars 2019 : « Jusqu’à la garde » et « Shéhérazade » triomphent
Le film de Xavier Legrand, qui traite des violences conjugales, et l’histoire d’amour à Marseille de Jean-Bernard Marlin sont au sommet du palmarès.

Dylan Robert, César du meilleur espoir masculin, et Kenza Fortas, César du meilleur espoir féminin, le 22 février, Salle Pleyel à Paris.

THOMAS SAMSON / AFP
Jusqu’à la garde de Xavier Legrand, qui traite du sujet des violences conjugales, est le grand vainqueur de la cérémonie des Césars 2019, qui s’est déroulée vendredi 22 février à Paris. Le long-métrage, qui faisait figure de favori avec dix nominations, est reparti avec quatre prix : meilleur film, meilleure actrice pour Léa Drucker, meilleur montage et meilleur scénario.
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Le réalisateur a estimé, pendant la soirée, qu’il « serait temps de penser » aux victimes « à un autre jour que le 25 novembre », Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Léa Drucker, très émue, a aussi, appelé à réagir et elle a rendu hommage aux personnes qui sont dans la situation de Miriam – l’héroïne du film – ainsi qu’aux militantes féministes.

Alex Lutz a obtenu quant à lui la récompense du meilleur acteur pour son rôle dans Guy, qu’il a également réalisé et dans lequel il s’est vieilli de trente ans pour incarner une ancienne gloire de la chanson. « Je suis très impressionné (…) chaque volute et chaque cabossage de ce César me font penser à un parcours », a-t-il dit ému en recevant le prix.

Alex Lutz recevant le César du meilleur acteur, le 22 février à Paris. CHRISTOPHE ENA / AP
Le cinéaste Jacques Audiard, 66 ans, a reçu le César de la meilleure réalisation pour Les Frères Sisters, un western franco-américain avec Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal et John C. Reilly. « Je suis ému (…) J’admire mes confrères et mes consœurs. Si je fais du cinéma, c’est parce que vous en faites », a-t-il déclaré.
« A tous les gens qui galèrent »

Dylan Robert, César du meilleur espoir masculin, et Kenza Fortas, César du meilleur espoir féminin, le 22 février, Salle Pleyel à Paris. THOMAS SAMSON / AFP
Shéhérazade, histoire d’amour à Marseille entre un caïd et une jeune prostituée, a reçu la statuette du meilleur premier film, tandis que ses deux interprètes principaux, Kenza Fortas et Dylan Robert, ont été récompensés par ceux des meilleurs espoirs féminin et masculin. « Je dédie ce film à tous les gens qui galèrent », a lancé le réalisateur, Jean-Bernard Marlin. Pour Shéhérazade, tourné avec des interprètes non professionnels, il a fait huit mois de castings sauvages dans des foyers de la cité phocéenne ou à la sortie des prisons.
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Karin Viard a pour sa part reçu le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation dans Les Chatouilles. « Je tenais beaucoup à ce rôle, j’avais vraiment envie de faire partie de cette histoire », a-t-elle expliqué en recevant sa statuette.
A propos de son interprétation d’une mère dure, doutant des abus sexuels subis par son enfant, elle a décrit un « rôle épouvantable de mère si toxique qui condamne sa fille une deuxième fois en ne l’écoutant pas, en ne voulant pas la croire ».
Cinéma « plus indépendant et plus libre »

L’acteur Robert Redford recevant son César d’honneur, le 22 février à Paris. GONZALO FUENTES / REUTERS
La 44e cérémonie de récompenses du cinéma français s’est déroulée sous les yeux du comédien et réalisateur américain Robert Redford, qui a reçu un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.
La présidente de la cérémonie, la Britannique Kristin Scott Thomas a, elle, rendu un hommage : « Vous m’avez permis, moi, étrangère, de devenir actrice (…). Vive le cinéma français. » « J’ai bien l’intention de continuer à vos côtés, oui, même avec ce Brexit », a-t-elle par ailleurs plaisanté.
« Tous ici nous aimons ce cinéma-là, un cinéma plus indépendant et plus libre que partout ailleurs, des films courageux, ambitieux, inattendus (…). vous pouvez être fiers de la diversité de vos productions. Il est vrai que je crains d’être retenue à la frontière avec ma panse de brebis farcie, mes stocks de jelly et mes disques d’Elton John, mais ce soir je suis là. »
Le palmarès complet
Meilleur film
Jusqu’à la garde
Meilleur réalisation
Jacques Audiard, pour Les frères Sisters
Meilleure actrice
Léa Drucker dans Jusqu’à la garde
Meilleur acteur
Alex Lutz, dans Guy
Meilleure actrice dans un second rôle
Karin Viard dans Les Chatouilles
Meilleur acteur dans un second rôle
Philippe Katerine dans Le Grand Bain
Meilleur scénario original
Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand
Meilleur premier film
Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin
Meilleur espoir féminin
Kenza Fortas pour Shéhérazade
Meilleur espoir masculin
Dylan Robert dans Shéhérazade
Meilleur documentaire
Ni juge, ni soumise, de Jean Libon et Yves Hinant
Meilleur film étranger
Une affaire de famille, d’Hirokazu Kore-eda
Meilleure adaptation
Andréa Bescond, Eric Métayer pour Les Chatouilles
Meilleur film d’animation long-métrage
Dilili à Paris, réalisé par Michel Ocelot et produit par Christophe Rossignon et Philip Boëffard
Meilleur film d’animation court-métrage
Vilaine fille, du réalisateur Ayce Kartal
Meilleurs costumes
Pierre-Jean Larroque pour Mademoiselle de Joncquières
Meilleurs décors
Michel Barthélémy pour Les Frères Sisters
Meilleur montage
Yorgos Lamprinos pour Jusqu’à la garde
Meilleur musique originale
Vincent Blanchard, Romain Greffe pour Guy
Meilleur son
Brigitte Taillandier, Valérie De Loof et Cyril Holtz pour Les Frères Sisters
Meilleure photographie
Benoît Debie pour Les Frères Sisters