Le  billet  d’Henri  Guieysse

Nous démarrons une nouveau blog consacré à l’actualité du dvd. Bien que les ventes de ce support fléchissent un peu, nous cinéphiles, nous devons le défendre car s’il n’existait plus,  ce serait pour nous un grand malheur  . Les cinéphiles nés comme moi  dans  les années 40, se souviennent de la joie éprouvée lors de l’arrivée de la vidéocassette, même si par rapport au dvd, elle n’était pas d’une bonne définition. Nous avons partagé la joie de François Truffaut qui a très vite fait l’éloge de la vhs, figurant dans la collection   » les films de ma vie « . Voir, revoir et revoir quantité de fois des films que nous avons aimés, quel bonheur, nous n’allions plus avoir besoin de courir d’une salle à l’autre, de nous déplacer hors de France pour découvrir des films invisibles en France. Et puis à la fin du 20 ème siècle,  arriva  le dvd, avec une définition nettement supérieure à celle de la vhs. Et  là des gens qui n’aimaient pas la vhs ont changé d’avis, comme Chabrol, un des premiers à reconnaître qu’il était heureux de voir un film en dvd. Et la qualité continue de s’améliorer avec le blue-ray, le super blue-ray , ce qui permet à présent  à de nombreuses personnes cinéphiles de s’équiper chez elles pour voir des films dans de bonnes conditions, grâce notamment aux vidéoprojecteurs dont les prix sont devenus abordables .

J’en arrive à présent à parler de la sortie d’un dvd que tout cinéphile  doit sinon acquérir,  du moins regarder , c’est VOYAGE à TRAVERS LE CINEMA FRANCAIS , film sorti en salles le 12 octobre 2016 et  édité en dvd en mars 2017. Certains ont critiqué  la longueur du film – 3 H 15 mais quand on le regarde, on est vite scotché : Tavernier nous fait partager sa  passion pour le cinéma, son envie de transmettre son savoir, sa  grande culture cinématographique, comment il a aimé très tôt le cinéma, ses émotions aussi  et parfois avec un certain humour. Il a fait  un travail  monumental, – trois ans de boulot, avec une équipe réduite  (cinq personnes ) car imaginez le nombre d’extraits de film savamment montés, avec ses commentaires fort judicieux et sans langue de bois. Voilà un film instructif, divertissant, qui donne envie de découvrir certains réalisateurs complétement oubliés aujourd’hui. Je recommande donc cet opus, composé de 3 dvd, le 3ème avec la collaboration  de Jean Ollé-Laprune, grand cinéphile.  Signalons aussi   que la chaîne Ciné plus Classic a eu l’idée de passer la version longue – une série de 20 fois cinquante minutes, chaque épisode de la  série étant précédée  de trois films choisis par lui. Premier épisode de la série  » Le cinéma de l’Occupation, avant et après-guerre  » illustrés par « L’assassin habite au 21  » (1er film de Clouzot),  » La main du diable ‘ » (Maurice Tourneur), « Mollenard, capitaine corsaire   » (Robert Siodmak). Pour plus de détails sur la diffusion de cette longue série sur Ciné plus classic, lire l’excellent article de Pierre Murat dans Télérama n°3536 (du 21 au 27 octobre).

Rappelons aussi  que Bertrand Tavernier était venu à Montauban en mai 2002, invité par le club des cinéphiles, pour présenter son film  » Laisser passer  » au cinéma Le Paris et aussi  » Le juge et l’assassin « (en dvd) à l’ancien collège. Ce  fut pour nous une grande joie de découvrir un homme ouvert, gentil, drôle  et passionnant à écouter.

Ecoutons-le prononcer un discours  à l’occasion de la remise du grand prix de l’Académie Royale de Belgique en mai 2016.